Hors du temps, et en plein dedans… C’est le paradoxe lumineux de ce premier mini album de Lila-May. La lycéenne, née dans le 95, émigrée aux environs d’Angers avec sa famille, où elle va au lycée quand elle n’enregistre pas des chansons percutantes, avait décoché une première salve il y a quelques mois avec un inaugural “Ain’t Going Anywhere”. Un titre qui amadouait Tik Tok (la chanteuse est mineure, on le rappelle). Il y avait là un piano malin, et cette voix juvénile, pourtant déjà mature dans son phrasé, qui évoquait forcément une Amy Winehouse familière, mais dans sa version solaire, quand le drame n’avait pas pris le pas sur l’éblouissement d’une âme pure transfigurée par l’éternelle puissance du jazz.
Dans cette famille où la musique est un dénominateur commun, en pratique comme en écoute, Lila-May cultive donc un intérêt particulier pour le jazz et les comédies musicales américaines classiques. Elle écoute certes Billie Eilish, Sabrina Carpenter ou Laufey, les chanteuses cultes de sa génération, mais aussi Elvis Presley, Ray Charles ou Frank Sinatra. L'EP Out of Time démontre l’étendue du chemin parcouru et l’aisance acquise. Cinq chansons, dont la reprise déjà populaire, augmentées d’une autre cover du “Dream A Little Dream Of Me”, créée en 1931, popularisé en version folk par The Mamas & The Papas en 1968, un standard revisité ici dans ce qui constitue l’essence de Lila-May, un équilibre idéal entre le souffle éternel du jazz et l’aplomb d’une millenial qui chante comme si Billie Holiday en personne lui avait versé le lait sur ses céréales tous les matins, avant de sauter dans le bus scolaire.
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